| La main de l'ombre prend forme dans tes yeux sans fond, Où coulent les flots des souvenirs. A tes pieds nus tu cherche ta voie, Et pourtant tu es là, distant. Distraite silhouette pelotonnée dans le silence, Aucune mouvance n'accapare ton regard, Aucun chant ne te fait chanceler, Présence et absence, ombre et lumière. L'eau, l'aire, les arbres, les oiseaux, Rien n'est capable de t'attirer, ni d'attiser ton cœur froid et lointain. Homme perdu dans d'autres horizons, Au fond de toi s'agite follement le feu des jours disparus. Regarde alentour que la vie est belle, et souriante... Que la nature luxuriante est accueillante, Il est temps de laisser ta barque suivre le cours, Face aux sursauts des vagues du temps. A visiter les secrets de la nature divine, Tes yeux veloutés sont fixés ailleurs, Loin, très loin, dans les confins d'un monde sombre, Tu erres, papillon solitaire, tes ailes d'ange sont fragiles. A ce grand duel inégal que je mène, tu es seul, Face à la profondeur de ton voyage diurne... Je cherche l'énigme de cet isolement, De cette force inouïe qui t'envoûte. Je te laisse là, perdu et essoufflé. Feux ardents sans flammes ni couleurs, Vous qui êtes si forts et invisibles, donnez nous une trève. Ta guérison en reflet lumineux libérateur s'acheminera doucement, Vif, il atteindra enfin la falaise de tes yeux. Il te sourit déjà et redonne l'écla à tes cheveux couleur de nuit sans lune. Tu reprends vie enfin, tu es là charmante créature, plus proche, plus vivant. | |